Le tirzepatide, commercialisé sous le nom de Mounjaro, fait partie de ces médicaments miracles contre l’obésité qui ont révolutionné le traitement des problèmes de poids. Appartenant à la même famille que les célèbres Ozempic et Wegovy, ce médicament provoque une perte de poids impressionnante chez les patients. Mais que se passe-t-il lorsqu’on arrête le traitement ? Les résultats d’une nouvelle étude soulèvent des inquiétudes majeures.
Des résultats spectaculaires pendant le traitement
Le tirzepatide présente des bénéfices multiples pour les personnes qui suivent ce traitement. La perte de poids observée est particulièrement impressionnante, avec une diminution d’environ 20% du poids initial en seulement un an de traitement.
Au-delà de cet amaigrissement, le médicament agit positivement
sur plusieurs paramètres de santé :
– Régulation de la glycémie
– Amélioration du taux de cholestérol
– Réduction significative de la tension artérielle
Ces résultats expliquent l’engouement mondial pour ces traitements, qui connaissent une croissance sans précédent depuis le début des années 2020, particulièrement aux États-Unis.
L’effet rebond : le revers de la médaille
La véritable préoccupation apparaît lorsque les patients cessent de prendre le médicament. Les effets positifs ne persistent pas, et une prise de poids se manifeste rapidement, même chez les personnes maintenant une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.
Plus inquiétant encore, les chercheurs ont constaté que les bénéfices de santé disparaissent parallèlement à la reprise de poids. Comme l’affirment les auteurs d’une étude publiée dans JAMA Internal Medicine : « Les personnes qui reprennent beaucoup de poids voient leur tour de taille augmenter fortement, leur tension remonter et leurs paramètres du diabète se détériorer ».
Un retour à la case départ après l’arrêt
Le Dr Perry Wilson de l’Université Yale ne cache pas sa préoccupation face à ces observations. Dans un commentaire sur Medscape, il déclare : « Je trouve cela incroyablement dramatique. Pour la plupart des gens, l’arrêt signifie un retour éventuel à l’état initial ».
Cette situation place les patients et les médecins face à un dilemme : maintenir un traitement à vie ou affronter un retour probable aux problèmes de santé initiaux.
Des règles de prescription qui varient selon les pays
La prescription de ces médicaments est soumise à des réglementations différentes selon les pays :
Aux États-Unis, les critères sont relativement souples. Un simple surpoids associé à des problèmes de cholestérol peut suffire pour obtenir une prescription, avec un IMC minimal de 27.
En France, l’accès est beaucoup plus encadré. Le tirzepatide est réservé aux personnes diabétiques ou présentant une obésité sévère avec un IMC supérieur à 35.
Recommandations essentielles pour les patients
Malgré ces préoccupations, le Dr Wilson « reste convaincu que cette classe de médicaments a quelque chose de très spécial à offrir ». Pour les personnes qui suivent ou envisagent ce type de traitement, plusieurs recommandations sont essentielles :
– Respecter scrupuleusement la posologie prescrite par le
médecin
– Se procurer le médicament uniquement via le circuit officiel de
délivrance
– Éviter absolument les achats sur Internet
– Ne jamais interrompre le traitement sans consultation médicale
préalable
L’enjeu majeur reste désormais de déterminer comment maintenir les bénéfices à long terme, au-delà de la période de traitement actif.


