La découverte est majeure pour les millions de personnes qui souffrent encore des séquelles du Covid-19 plusieurs mois après l’infection. Des chercheurs viennent d’identifier un mécanisme biologique précis impliqué dans le Covid long, cette pathologie mystérieuse qui touche environ 4% des adultes français. L’étude met en lumière des anomalies sanguines spécifiques qui pourraient expliquer la persistance des symptômes et ouvrir la voie à de nouveaux traitements.
Une anomalie sanguine identifiée chez les patients
Des scientifiques ont fait une découverte capitale concernant le Covid long, publiée récemment dans le Journal of Medical Virology. Leurs travaux révèlent la présence d’interactions anormales entre de minuscules caillots sanguins et des cellules immunitaires modifiées chez les personnes atteintes.
L’équipe a mis en évidence des niveaux anormalement élevés de « microcaillots » – de petits amas de protéines de coagulation sanguine – dans le sang des patients souffrant de Covid long. Plus troublant encore, ces microcaillots semblent interagir avec ce que les chercheurs appellent des « pièges extracellulaires de neutrophiles » (NET).
Un cercle vicieux inflammatoire
Cette interaction entre microcaillots et NET pourrait être la clé pour comprendre la persistance des symptômes comme la fatigue chronique, les difficultés respiratoires et les troubles cognitifs qui caractérisent le Covid long.
« Ces résultats suggèrent des interactions physiologiques sous-jacentes entre les microcaillots et les NET qui, lorsqu’elles sont dérégulées, peuvent devenir pathogènes », explique Alain Thierry de l’Institut de recherche sur le cancer de Montpellier.
Les chercheurs ont constaté que cette surproduction persistante de NET, alimentée par des boucles inflammatoires et thrombotiques qui s’auto-entretiennent, joue un rôle crucial dans la gravité et la durée de la maladie.
Un mécanisme qui s’auto-alimente
L’hypothèse avancée par les scientifiques suggère qu’une formation déséquilibrée de ces pièges extracellulaires de neutrophiles entraînerait une plus grande stabilité des microcaillots et augmenterait leur nombre dans la circulation sanguine.
Ce phénomène créerait ainsi un cercle vicieux où l’inflammation chronique persiste, empêchant l’organisme de retrouver son équilibre normal. Cette association structurelle entre microcaillots et NET, particulièrement marquée chez les patients atteints de Covid long, n’avait jamais été observée auparavant.
De nouveaux espoirs thérapeutiques
L’identification de ce mécanisme représente une avancée considérable pour les patients comme pour la communauté médicale. Elle offre enfin des pistes concrètes pour le diagnostic et le traitement d’une maladie qui reste difficile à cerner.
Cette découverte pourrait mener au développement de nouveaux tests sanguins permettant d’identifier plus facilement les personnes atteintes de Covid long, ainsi qu’à la création de traitements ciblant spécifiquement l’interaction entre les microcaillots et les NET.
Alors que l’Institut Pasteur estimait fin 2022 que 4% de la population adulte française souffrait de Covid long, cette avancée scientifique représente un espoir tangible pour des millions de personnes en quête de solutions.


