Névralgie cervico-brachiale et cancer : Y a t-il un lien ?

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Névralgie cervico-brachiale et cancer : Y a t-il un lien ?

La névralgie cervico-brachiale est une cervicalgie liée à une douleur radiculaire au niveau du bras. Parfois ses symptômes sont similaires à ceux de certains cancers comme le neurofibrosarcome ou les tumeurs de Pancoast. Mais ces affections graves sont extrêmement rares dans la population. C’est plutôt vers une pathologie rhumatismale que les médecins s’orientent en premier lieu. Devant une persistance et une augmentation des douleurs crescendo, des tests spécifiques permettront au praticien d’élucider les raisons de ces troubles.

Qu’est ce que la névralgie cervico-brachiale ?

Concrètement, la névralgie cervico-brachiale est une douleur au cou qui irradie vers le bras à cause de la compression des racines nerveuses situées dans la moelle épinière cervicale.Tout d’abord il faut dissocier l’expression « cervico-brachial » et celles de « névralgie brachiale ». La première signifie au sens littéral du terme :  » lié au cou et au bras « , tandis que la seconde s’apparente à une douleur consécutive à une lésion au niveau du plexus brachial. Pour schématiser, la moelle épinière cervicale est une section de la colonne vertébrale qui est composée des sept premières vertèbres avec ses disques intervertébraux associés. Les vertèbres ont pour rôle de protéger la moelle épinière. Cette zone est représentée par  le cou.

En premier lieu, tous les nerfs qui commandent le bras proviennent du plexus brachial. C’est-à-dire qu’un problème au niveau du plexus peut induire une déficience grave. En effet le plexus est un ensemble de fibres nerveuses. Quant au plexus brachial, il s’étire de la colonne vertébrale et passe à travers le cou, l’aisselle jusqu’au bras. Cela veut dire que les nerfs qui pilotent le bras proviennent du plexus brachial.

On constate que la névralgie cervico-brachiale (NCB) pousse les malades à consulter un rhumatologue. Généralement, elle est définie par le corps médical comme une cervicalgie liée à une douleur radiculaire au niveau du membre supérieur. Cette pathologie est provoquée par une compression nerveuse. La responsable identifiée est une hernie discale molle.

C’est lors de l’examen physique que le praticien repère un possible déficit neurologique ou compression médullaire. Dans tous les cas, l’imagerie médicale est recommandée. Soit par radiographie ou tomodensitométrie et/ou IRM du rachis cervical. Ce qui permet de repérer une névralgie cervico-brachiale provoquée par un cancer. Le traitement consiste à  combiner des thérapies médicamenteuses et non médicamenteuses. Parfois une intervention chirurgicale est indispensable pour soulager le patient.

Quels sont les symptômes de la névralgie cervico-brachiale ?

Les symptômes sont une douleur qui provient de l’épaule ou du cou. De surcroît, la personne peut également ressentir une faiblesse musculaire dans le bras. Certains patients évoquent une perte de sensation dans une partie du bras jusqu’au cou. Généralement, les douleurs sont plus intenses pendant la nuit. En l’absence de traitement ces symptômes peuvent perdurer plus d’un an. Au vu du tableau clinique, il est préférable de consulter un médecin quand les symptômes persistent plus de quelques jours.

Afin d’identifier la névralgie cervico-brachiale, il faut savoir que plusieurs racines nerveuses peuvent être touchées et déclencher une névralgie cervico-brachiale.

Les différents symptômes sont les suivants :

  • Douleur : la douleur est le premier signe d’une névralgie cervico-brachiale. Elle est semblable à une décharge électrique ou à une brûlure. Celle-ci poursuit un trajet net qui va irradier jusque dans la main. La nuit les douleurs sont plus intenses.
  • Troubles de la sensibilité : la perturbation des racines nerveuses va provoquer une perte de sensation au touché, des fourmillements dans le bras, et même une sensation de peau rugueuse.
  • Un déficit de mobilité : la motricité fine qui consiste à réaliser certains gestes minutieux devient difficile à pratiquer. Par exemple, pour boutonner un chemisier, écrire, dessiner ou bricoler. En outre ce symptôme met en évidence une lésion avancée. Afin d’éviter une évolution vers une paralysie complète, il faut d’urgence consulter un médecin.
  • Une sensation de lourdeur : des picotements, et/ou une faiblesse musculaire du bras, des douleurs irradiantes dans les omoplates, et/ou une perte de sensation dans les doigts. De plus, des maux de tête ainsi que des étourdissements s’ajoutent à ces symptômes.
  • Une attaque unilatérale : à l’inverse de la myélopathie cervicale qui est bilatérale.
  • Un dysfonctionnement cervical : qui trouve son origine dans plus de 80% des cas. C’est-à-dire que le blocage d’une vertèbre accentue le processus de dégénérescence des articulations vertébrales. En conséquence cette dégradation malmènent les facettes vertébrales postérieures (spondylarthrose) ainsi que le disque intervertébral ( hernie discale , arthrose, discopathie). Des proliférations osseuses ou becs de perroquet (ostéophytes) finissent par compresser la racine nerveuse.

Quel est le lien possible entre une névralgie cervico-brachiale et le cancer ?

Il est possible que des douleurs apparaissent lorsqu’un cancer commence à s’installer au niveau des vertèbres cervicales. D’après des études récentes, les cancers de la tête et du cou représentent à peu près 4 % des diagnostics de cancer en occident. Ces chiffres sont deux fois plus fréquents chez les hommes et diagnostiqués plus souvent chez les personnes de plus de 50 ans. Sans être douloureuse en elle-même une tumeur est capable de comprimer des nerfs. Lesquels déclencheront cette sensibilité. Cependant, la majorité des cancers ne provoquent pas ces symptômes douloureux  au niveau  du cou. On observe qu’en cas de cancer, l’apparition des ganglions restent indolores au niveau du cou.

Il est manifeste que l’ensemble des douleurs au cou ne sont pas causées par le cancer. En tout état de cause, il est nécessaire d’identifier les symptômes du cancer du cou afin de poser un diagnostic sûr. Dans certains cas, une douleur cervicale qui à la fois persistante et continue peut-être un signe avant-coureur d’un cancer du cou. Mais cela peut correspondre également à une autre affection plus bénigne. Les cancers du cou se reconnaissent à une grosseur, une plaie qui ne guérit pas, ou un gonflement.

Quels sont les cancers les plus mis en cause ?

Le neurofibrosarcome qui est une tumeur maligne de la gaine nerveuse périphérique (MPNST)  ainsi que les tumeurs de Pancoast, présentent des symptômes parfois similaires à la névralgie cervico-brachiale.

Le premier type de cancer cité ci-dessus est une tumeur maligne rare, qui va se développer au détriment de la gaine des nerfs périphériques. Cette tumeur présente une localisation cervicale qui est exceptionnelle puisqu’elle constitue moins de 1 % des tumeurs malignes affectant cette partie du corps. Ce neurofibrosarcome, représente donc une affection extrêmement rare de malignité qui se localise au niveau du cou. La moitié des patients sont atteints de neurofibromatose dans la maladie de Von Recklinghausen de type I. Le tableau clinique présente une malignité de haut grade accompagnée d’ une tendance à la récidive avec la prolifération de métastases à distance.

Le neurofibrosarcome identifié comme une tumeur maligne de la gaine des nerfs périphériques (MPNST) ne constitue que 5 % des sarcomes des tissus mous (Loree, North, Nangia, Mullins, & Hicks, 2000 ; Pandey et al., 2003). Ce type de cancer n’est pas spécifique au cou et peut toucher n’importe quelle autre partie du corps. D’autant plus que la localisation au cou reste exceptionnelle.

La particularité de cette tumeur du système nerveux périphérique est lié au fait qu’elle se développe dans la gaine nerveuse. Cette tumeur est consécutive à l’atteinte des cellules dérivées de la crête neurale et de l’ectoderme (Chick, Alnot, & Silbermann-Hoffman, 2003 ; Dubousset, 2001). La MPNST est donc une tumeur rare au sombre pronostic. Son traitement fait appel à la chirurgie et/ou la radiothérapie.

D’autres tumeurs dont les symptômes évoquent la névralgie cervico-brachiale sont les tumeurs du sillon supérieur ou syndrome de Pancoast. Elles sont localisées dans les poumons et sont compliquées à diagnostiquer. Ce syndrome de Pancoast, s’associe aux cancers du poumon qui provoquent des douleurs, un syndrome de Horner, une destruction des os avec l’atrophie des muscles intrinsèques de la main. Il est clair que ces symptômes sont similaires à la radiculopathie cervicale.

Le diagnostic du syndrome de Pancoast est difficile et aussi déroutant. Cependant, les tumeurs de Pancoast  qui infiltrent le plexus brachial sont rares. C’est souvent les chirurgiens orthopédiques du rachis qui découvrent cette pathologie lors d’un examen. C’est grâce à un diagnostic précoce que le pronostic vital d’un patient peut ne pas être engagé.

La tumeur de Pancoast va se développer dans la partie supérieure du poumon (l’apex). Lorsqu’elle se diffuse dans la paroi thoracique ou la colonne vertébrale, des symptômes gênants et douloureux se manifestent. Ce type de cancer du poumon déclenche rarement une toux et un essoufflement comme les autres tumeurs malignes respiratoires. À la place, la pression qui est exercée par la tumeur sur le nerf voisin provoque une douleur aiguë à l’épaule jusqu’au bras, ainsi qu’une faiblesse musculaire. D’autres symptômes neurologiques se manifestent comme des picotements, des problèmes de psychomotricité au niveau de la main avec une perte de la sensibilité.

Autres symptômes de la tumeur de Pancoast

Il faut savoir que la douleur présente dès le premier stade de la maladie peut s’étendre si la tumeur se propage dans le corps. À un stade avancé de la maladie, les patients ressentent une douleur intense, permanente ou irradiante dans les bras, entre les omoplates, au niveau de la paroi thoracique. La douleur se déplace également dans le haut du dos. Si la tumeur s’étend jusqu’aux muscles scalènes, le patient ressent une douleur dans l’aisselle. D’autres symptômes sont présents comme :

  • Gonflement de l’avant-bras
  • Oppression de la cage thoracique
  • Faiblesse et/ou perte de la psychomotricité fine des doigts
  • Sensations d’engourdissement ou de picotement dans la main
  • Fonte du tissu musculaire dans le bras ou la main
  • Fatigue chronique
  • Perte de poids inexpliquée
  • Compression ou irritation du nerf du système nerveux sympathique
  • Fourmillements ou picotements dans les mains (paresthésie).

Faut-il faire des test contre le cancer en cas de névralgie cervico-brachiale et ou ?

En premier lieu, il faut rappeler l’extrême rareté des cancers dont les symptômes évoquent la névralgie cervico-branchiale. La fréquence des tumeurs de Pancoast-Tobias est évaluée à 3% des cancers bronchiques. Quant au neurofibrosarcome, il constitue moins de 1 % des tumeurs malignes qui  concernent le cou.

Le médecin qui constate une persistance ou une augmentation en intensité des symptômes évoquant la NCB va procéder à des tests spécifiques. Ceux-ci lui permettront d’identifier plus précisément la cause.

Ainsi une douleur intense à l’épaule ou à l’omoplate correspond aux symptômes les plus fréquents d’une tumeur de Pancoast au premier stade. Ensuite la douleur est graduelle quand la tumeur atteint une ou plusieurs des zones voisines, comme :

  • Les côtes
  • Le cou
  • Le nerf cubital
  • Le plexus branchial
  • La plèvre pariétale
  • L’aponévrose endothoracique

Un autre type de cancer du poumon peut être suspecté quand une tumeur pulmonaire se propage sur un nerf particulier, ou s’il se diffuse dans les tissus ou les os à proximité de l’articulation de l’épaule. Toutefois ces symptômes sont souvent liés à une affection orthopédique courante, telle que l’arthrose ou une lésion de la coiffe des rotateurs(troubles musculo-squelettiques) plutôt qu’à un cancer du poumon.

Quand peut-on s’alerter d’un possible cancer ?

Les personnes qui présentent un ou plusieurs facteurs de risque doivent procéder à un suivi préventif pour éviter le développement d’un cancer. Les causes les plus fréquentes de cancer du cou sont liées à la consommation excessive de tabac ou d’alcool. D’autres causes secondaires peuvent s’ajouter aux principales comme une mauvaise hygiène buccale, une exposition aux radiations ou à l’amiante. En principe, la grande majorité des cancers du cou et de la tête surviennent dans la cavité buccale, le larynx, le pharynx, les glandes salivaires, la cavité nasale, les sinus.

C’est la persistance et la permanence des douleurs cervicales qui peuvent évoquer un cancer du cou. Néanmoins, cela peut être aussi le cas pour une affection plus bénigne. Le symptôme le plus fréquent du cancer selon Selon l’American Society of Clinical Oncology est l’apparition d’une grosseur, d’un gonflement ou d’une plaie qui ne guérit pas.

D’autres symptômes du cancer du cou comprennent :

  • Une mauvaise haleine sans raison apparente
  • Présence de douleur ou saignement inhabituel dans la bouche
  • Difficulté à mâcher ou à avaler
  • Présence de tache blanche ou rouge sur la muqueuse de la bouche, des gencives ou de la langue
  • Douleur à la gorge ou au visage en permanence
  • Des maux de tête fréquents
  • Un engourdissement de la tête et du cou
  • Un gonflement ou œdème du menton ou de la mâchoire
  • Une douleur en bougeant la mâchoire ou la langue
  • Difficulté à s’exprimer
  • Modification du timbre de voix ou enrouement
  • Douleur ou bourdonnement dans les oreilles
  • Une congestion nasale persistante
  • Des saignements de nez fréquents
  • Un écoulement nasal inhabituel
  • Douleur dans les dents supérieures

Cependant ces signes peuvent aussi correspondre à d’autres affections. Ce n’est donc pas au cancer qu’il faut d’abord penser quand on présente des douleurs de névralgie cervico-brachiale.

Pour conclure, ll faut rappeler que c’est une douleur à l’épaule qui persiste pendant plusieurs jours qui doit être signalée rapidement au médecin.

 

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