Le portefeuille des patients va encore s’alléger. Dans un contexte de déficit croissant de l’Assurance maladie, le gouvernement vient d’annoncer une série de mesures visant à réduire les dépenses de santé. Au cœur de ces ajustements : une augmentation substantielle du plafond des franchises médicales, qui suscite déjà de vives réactions.
Une hausse de 40% en vingt ans
Le plafond annuel que peuvent payer les assurés au titre des franchises médicales passe désormais à 140 euros par an. Cette nouvelle limite marque une progression notable par rapport aux 100 euros fixés en 2005, soit une augmentation de 40%.
Initialement, l’exécutif envisageait un relèvement encore plus important, avec un seuil établi à 200 euros. Face aux contestations, le gouvernement a finalement opté pour un montant intermédiaire, censé refléter l’inflation cumulée sur près de deux décennies.
Les prochaines révisions de ce plafond seront automatiquement indexées sur l’évolution des prix, une méthode qui devrait devenir la norme pour ce type d’ajustement.
Des oppositions qui persistent
La décision n’a pas été prise sans heurts. Le gouvernement a dû composer avec les critiques formulées par les conseils des caisses de Sécurité sociale, ainsi que par les représentants des professionnels de santé et des patients.
Le syndicat Unsa a notamment pointé du doigt un calcul qu’il juge erroné. Selon cette organisation, une indexation stricte sur l’inflation aurait dû conduire à un plafond d’environ 131,85 euros, et non 140 euros.
Quel impact sur le budget des ménages ?
Du côté de l’exécutif, on se veut rassurant. L’impact financier moyen pour les assurés est évalué à moins d’un euro par mois. Pour les personnes atteintes d’une affection longue durée (ALD), la facture mensuelle supplémentaire grimperait à deux euros.
Par ailleurs, environ 18 millions de Français conserveront leur exonération de ces franchises. Sont notamment concernés les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire et les femmes enceintes.
Un déficit qui s’envole
Ces mesures s’inscrivent dans une logique d’économies dictée par la situation financière préoccupante de l’Assurance maladie. Le déficit prévu pour 2026 atteint 13,8 milliards d’euros, avec une trajectoire qui ne cesse de se dégrader pour les exercices suivants.
Face à cette hémorragie budgétaire, le gouvernement multiplie les ajustements pour tenter de contenir les dépenses tout en préservant l’accès aux soins essentiels.
Le remboursement des médicaments revu à la baisse
Au-delà des franchises, un décret récemment publié vient également modifier les taux de remboursement de certains traitements. Les médicaments dont le service médical est considéré comme modéré ou faible sont particulièrement visés.
Pour les produits à service médical « modéré », la participation des assurés passera à 85% ou 95%. Concernant les médicaments à intérêt thérapeutique « faible », ce taux grimpera même à 93% ou 97%.
Les soins dentaires également concernés
La participation des patients pour les soins dentaires a été portée à 50%, une décision qui provoque l’ire des chirurgiens-dentistes. Ces derniers dénoncent une mesure qui risque de décourager le recours aux soins bucco-dentaires.
Préserver l’innovation médicale
Pour justifier ces arbitrages, le gouvernement met en avant la nécessité de maintenir une couverture élevée pour les traitements innovants. L’oncologie figure notamment parmi les domaines prioritaires où les remboursements doivent rester attractifs.
Cette stratégie vise à concentrer les moyens de l’Assurance maladie sur les thérapies à forte valeur ajoutée, tout en demandant aux assurés de contribuer davantage pour les soins jugés moins essentiels.


