Des médicaments plus ciblés, plus puissants et potentiellement moins toxiques : c’est la promesse des anticorps conjugués ! Cette nouvelle approche thérapeutique, récemment dévoilée lors du congrès de la Société européenne d’oncologie médicale à Berlin, a montré des résultats prometteurs. En savoir plus.
Anticorps « armés » pour combattre le cancer
Longtemps, les chimiothérapies ont été redoutées pour leurs effets secondaires lourds : perte de cheveux, nausées, fatigue intense… Aujourd’hui, la recherche avance vers une chimio plus « intelligente », capable d’agir uniquement là où elle est nécessaire. C’est là qu’entrent en scène les anticorps conjugués (ADC), une innovation qui change la donne !
Ces traitements associent un anticorps, qui reconnaît et se fixe sur la cellule cancéreuse, à une molécule de chimiothérapie. Une fois arrivés à destination, les deux composants se séparent : la chimio agit localement, détruisant la cellule tumorale, pendant que l’anticorps s’assure que la cible est bien atteinte.
Les résultats récents présentés par plusieurs équipes de recherche laissent entrevoir un futur où les traitements contre le cancer seront à la fois plus puissants, plus sûrs et plus personnalisés.
Un nouveau traitement préventif contre les rechutes
Lors du congrès européen d’oncologie médicale à Berlin, un essai a porté sur les cancers du sein HER2 positifs, qui représentent environ 15 % des cas. En prévention des rechutes après le traitement initial, l’anticorps conjugué testé a permis de diviser par deux le risque de rechute et de métastases. « Avec le traitement habituel, environ 16 % des patientes rechutaient à trois ans, mais avec l’anticorps conjugué, ce taux tombe à moins de 8 % », explique le Dr Khalil.
Un autre essai a porté sur le cancer de la vessie, chez des patients ne pouvant pas recevoir de chimiothérapie classique. Les résultats ont montré une baisse de 60 % du risque de rechute et une amélioration de la survie. Ces nouvelles molécules sont désormais utilisées dans plusieurs types de cancers : vessie, poumon, estomac, ovaires.
Le dépistage reste la clé d’une prise en charge précoce
Même si les anticorps conjugués ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques, le dépistage demeure essentiel pour améliorer les chances de guérison.
« Le meilleur traitement reste celui dont on n’a pas besoin », rappelle le Dr Khalil. Dans le cas du cancer du sein, le dépistage par mammographie entre 50 et 75 ans permet souvent d’identifier des tumeurs à un stade plus précoce, nécessitant des traitements moins lourds et offrant un meilleur pronostic.


