Parkinson : symptômes aux jambes et traitements

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Parkinson : symptômes aux jambes et traitements

Ce sont les contractions musculaires répétées lors de la maladie de Parkinson qui provoquent les symptômes de faiblesse des jambes. Les muscles sont constamment dans une situation de contraction à cause de la réduction de la quantité de dopamine dans le cerveau. Celle-ci influe sur l’équilibre entre les mouvements de flexion et d’extension des muscles. C’est-à-dire qu’un patient qui est atteint de la maladie de Parkinson éprouvera des difficultés à accomplir des tâches répétitives.

Malheureusement, la maladie de Parkinson n’est pas encore guérissable aujourd’hui. Néanmoins, il est possible d’apprendre à gérer ses symptômes. Les effets des traitements peuvent aussi varier d’un patient à un autre selon les symptômes propres et l’efficacité de certaines molécules. Malgré l’option chirurgicale de la stimulation cérébrale profonde, les médicaments restent le principal moyen de soigner cette maladie.

Pourquoi Parkinson provoque une faiblesse des jambes ?

Malgré le fait que les malades ressentent la faiblesse au niveau de leurs membres, leur problème est localisé dans leur cerveau. Certaines études ont prouvé que la faiblesse musculaire, quantifiable pendant des tâches répétées, s’améliore grâce à un ajout de dopamine dans le traitement contre la maladie de Parkinson.

Au fil du temps, les personnes atteintes de Parkinson présentent des symptômes au niveau des jambes. Elles perdent leurs automatismes en marchant. À cause de l’évolution de la maladie, d’autres symptômes rares au début comme des anomalies de la marche et/ou une instabilité posturale s’ajoutent au tableau clinique.

Le malade qui doit bouger ses pieds pour marcher n’arrive plus à ajouter un deuxième mouvement au premier. Par exemple : lever la jambe pour monter un escalier. Ces blocages s’accompagnent parfois de chutes. De plus, les patients effectuent des mouvements trop lents (bradykinétiques) ou trop petits (hypokinétiques). Cette déstructuration de la marche induit différentes anomalies comme :

  • Les pieds ne se posent plus sur le talon mais à plat sur le sol.
  • La posture est voûtée en marchant.
  • Tendance à la rétropulsion (pas trop petits, accélérés, involontaires vers l’arrière).
  • Dissociation des mouvements (ne pas coordonner la marche et tourner les pieds).
  • Difficulté à associer deux mouvements en même temps (se lever d’une chaise).
  • Difficulté à finir un mouvement avant d’en entamer un autre (se retourner pour s’asseoir).

Quels sont les symptômes des jambes sans repos ?

La pathologie des jambes sans repos porte également le nom de maladie de Willis-Ekbom. Elle touche environ 3 % de la population française. Le malade perçoit des sensations pénibles ou lancinantes dans les jambes avec une envie irrépressible de les bouger. C’est généralement en fin de journée que les symptômes se manifestent. Ils s’amplifient pendant la nuit alors que la personne est assise ou allongée dans son lit.

Les périodes d’inactivités pendant de longs moments sont insupportables pour le patient. Par exemple, au cours d’un trajet en voiture, en avion ou au cinéma. Cette aggravation des symptômes la nuit entraîne des difficultés d’endormissement ou des insomnies.

Le seul moyen de soulager l’inconfort pour les malades est de remuer les jambes. Mais les symptômes réapparaissent une fois les gesticulations arrêtées. Le syndrome des jambes sans repos (SJSR) provoque un épuisement et une somnolence diurne. Au niveau professionnel, les personnes atteintes de SJSR éprouvent des difficultés de concentration, de mémorisation. UN SJSR modéré à sévère qui n’a pas été diagnostiqué ou non traité réduit de 20 % la productivité au travail. D’autres pathologies sont concomitantes à la SJSR comme la dépression ou l’anxiété.

Il faut noter que lors de la 11e version de la Classification internationale des maladies 11 (CIM 11) qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2022. Le SJSR s’est vu attribuer son propre code dans les troubles du mouvement liés au sommeil : « 7A80 – Syndrome des jambes sans repos ». Cette décision capitale en matière de santé permettra aux médecins et aux scientifiques de s’intéresser davantage au SJSR qu’auparavant.

Le SJSR touche davantage les femmes que les hommes dans la population et se manifeste à tout âge. Cependant les personnes gravement touchées sont plutôt d’âge moyen ou élevé. Leurs symptômes sont plus fréquents et durent aussi plus longtemps.

Des études ont mis en évidence que 80 % des personnes atteintes du SJSR produisent aussi des secousses involontaires des jambes ou parfois des bras. Ces mouvements incontrôlables se déclenchent toutes les 15 à 40 secondes pendant la nuit.

Au début de la maladie, certaines personnes connaissent des épisodes de rémissions. Elles éprouvent une amélioration instantanée pendant plusieurs semaines ou mois avant que les symptômes de la SJSR ne réapparaissent. Malheureusement les symptômes vont s’aggraver avec le temps. Les personnes qui souffrent en même temps du SJSR et d’une affection médicale comme la maladie de Parkinson développent aussi des symptômes aux jambes. C’est une maladie qui peut être d’origine génétique. Au niveau biologique, de faibles niveaux de fer dans le cerveau expliquent l’apparition du SJSR.

Quel lien entre le syndrome des jambes sans repos et Parkinson ?

Parkinson et jambes lourdes

À l’évidence les symptômes du SJSR sont courants chez les malades souffrant de la maladie de Parkinson. En dehors de toute cause génétique de SJSR, ils représentent un phénomène secondaire qui peut s’expliquer par un taux de ferritine anormalement bas. À l’heure actuelle, il n’est pas prouvé que les symptômes précoces du SJSR conduisent au développement de la maladie de Parkinson.

Il est notoire que le syndrome des jambes sans repos constitue un syndrome neurologique fréquent. Il est d’origine génétique ou attribué à d’autres pathologies comme la neuropathie, l’insuffisance rénale, la grossesse, et peut-être certaines affections rhumatologiques. La prise de médicaments dopaminergiques améliore la SJSR. Ils sont utilisés à des doses inférieures à celles qui sont nécessaires pour traiter la maladie de Parkinson (MP).

Ces deux afflictions partagent des similitudes dans l’expression des symptômes. Cependant aucun facteur de risque n’a été trouvé chez les patients atteints de MP qui développent des symptômes de jambes sans repos.

Cependant, les patients atteints de MP qui présentent un SJSR ont des taux de ferritine sérique inférieurs aux malades atteints de la MP sans SJSR. Sur l’échelle de somnolence d’Epworth, les patients atteints de SJSR ne présentent pas des scores plus élevés que ceux atteints de MP.

D’autre part, il est important de différencier le SJSR d’autres pathologies comme l’akathisie, la dystonie et d’autres symptômes sensoriels relevés chez les malades atteints de MP. Les patients atteints de MP pensent que les symptômes du SJSR appartiennent au tableau clinique de la maladie de Parkinson.

Une association entre MP et SJSR n’est pas surprenante car les deux affections répondent aux mêmes médicaments dopaminergiques. L’expression des symptômes est semblable avec des mouvements intempestifs des membres pendant le sommeil. Concernant  l’imagerie fonctionnelle, elle présente de faibles similitudes, c’est-à-dire un fonctionnement dopaminergique qui est réduit. L’examen pathologique révèle un épuisement des réserves de fer à l’intérieur des zones dopaminergiques. À l’inverse, les patients atteints de MP présentent une teneur élevée en fer au niveau des ganglions.

Les symptômes du SJSR qui sont associés à un fonctionnement réduit du système dopaminergique sont accentués chez les patients souffrant de MP qui possèdent moins de cellules dopaminergiques. Généralement les symptômes du SJSR chez les patients atteints aussi de MP surviennent a posteriori après les symptômes de la MP. La maladie de Parkinson représente un facteur de risque des symptômes du SJSR. Ceux-ci se combinent en plus avec de faibles taux de ferritine.

Des études mettent en évidence que le SJSR est plus courant chez les patients qui sont atteints de la maladie de Parkinson. À l’exception des patients ayant des antécédents familiaux de SJSR, le syndrome des jambes sans repos est une pathologie secondaire qui survient après le déclenchement de la maladie de Parkinson.

Quel traitement pour jambes faibles quand on a Parkinson ?

Il existe deux types de traitement : les traitements directs et les traitements des symptômes (indirects). Les traitements qualifiés de directs concernent la maladie de Parkinson elle-même. Quant aux traitements des symptômes, ils ne soignent que certaines manifestations de la maladie.

Les médicaments qui ciblent la maladie de Parkinson le font de plusieurs façons grâce à l’ajout de certaines molécules :

dopamine et parkinson

Dopamine : la lévodopa sert à augmenter les niveaux de dopamine disponibles dans le cerveau. Ce médicament semble efficace sauf pour une autre forme de parkinsonisme différente de la maladie de Parkinson. Les effets secondaires de la lévodopa sont liés à son utilisation prolongée qui la rend moins efficace.

Agonistes de la dopamine : ce sont des médicaments qui produisent un effet similaire à celui de la dopamine. C’est un neurotransmetteur qui stimule les cellules d’une certaine manière pour qu’une molécule de dopamine s’y accroche. Ce type de traitement s’applique aux patients plus jeunes afin de retarder la prise de lévodopa.

Bloqueurs du métabolisme de la dopamine : le corps a pour fonction de décomposer naturellement les neurotransmetteurs comme la dopamine. Les médicaments qui empêchent ce métabolisme permettent à la dopamine de rester disponible pour le cerveau. Ces médicaments sont employés au début de la maladie et combinés à la lévodopa dans les stades plus avancés de la maladie de Parkinson.

Inhibiteurs du métabolisme de la lévodopa : ces médicaments ralentissent l’absorption de la lévodopa par le corps. Celle-ci reste disponible plus longtemps. Ce type de médicaments réclame une grande vigilance au niveau du dosage en raison des effets toxiques pour le foie. Ils sont ajoutés à la lévodopa quand celle-ci devient moins efficace. C’est l’azilect qui est utilisé quand le mal est uniquement bilatéral.

Bloqueurs d’adénosine : ces médicaments bloquent la métabolisation de l’adénosine par les cellules et ont une fonction de soutien combiné avec la lévodopa.

D’autres médicaments ont pour rôle de soigner d’autres symptômes spécifiques de la maladie de Parkinson. La liste des affections traitées est la suivante :

  • Fatigue ou somnolence.
  • Problèmes d’endormissement
  • Constipation.
  • Dysfonction érectile et sexuelle.
  • Dépression nerveuse
  • Démence.
  • Anxiété.
  • Hallucinations ou autres symptômes psychotiques.

La stimulation cérébrale profonde

C’est une intervention chirurgicale qui consiste à implanter un appareil qui produit un léger courant électrique dans une partie du cerveau. Au niveau expérimental, ces traitements à base de cellules souches sont actuellement à l’étude. La stimulation cérébrale profonde n’est pas définitive, mais réversible. Alors qu’hier la chirurgie consistait à faire des lésions cicatricielles dans le but de soigner les patients atteints de MP. Cette thérapie est envisagée quand la lévodopa se montre moins efficace aux stades avancés de la maladie de Parkinson. De même les personnes touchées par des tremblements et qui  n’ont pas les résultats escomptés avec les traitements conventionnels peuvent avoir recours à la stimulation cérébrale profonde.

Autres traitements envisagés

De nouvelles approches expérimentales font actuellement l’objet d’études. Des chercheurs travaillent sur d’autres traitements éventuels qui seraient une nouvelle arme pour lutter contre la maladie de Parkinson. Il est évident que ces nouvelles approches thérapeutiques représentent de l’espoir pour les malades de MP et leur famille. Voici les différentes options envisagées :

  • Les greffes de cellules souches. On ajoute de nouveaux neurones qui utilisent la dopamine du cerveau des malades pour se substituer aux neurones qui ont été endommagés par la MP.
  • La réparation des neurones. Ce type de traitement s’emploie à restaurer les neurones endommagés et stimulent la production de nouveaux neurones.
  •  Les thérapies géniques et autres traitements géniques. Ces options s’attaquent aux mutations spécifiques qui provoquent la maladie de Parkinson. Une partie de ces thérapies augmente l’efficacité de la lévodopa ainsi que d’autres traitements.

Les effets secondaires éventuels de la lévodopa

Plusieurs facteurs sont à prendre en considération. Ainsi les effets secondaires et complications pendant la prise de traitements de la MP dépendent du stade d’avancement de la maladie, ainsi que d’autres problèmes de santé adjacents. Néanmoins le médecin traitant connaît son malade et peut anticiper les effets secondaires ou complications liés à la prise du traitement. Le praticien explique à son patient atteint de MP la conduite à tenir pour atténuer les effets secondaires ou complications qui nuisent à sa qualité de vie.

Éviter les effets secondaires ou complications de la lévodopa 

Le traitement le plus efficace contre la maladie de Parkinson est sans conteste la lévodopa. Tous les malades ont vu leur santé s’améliorer grâce à cette molécule. De surcroît, les médecins connaissent aussi ses effets secondaires ou complications. C’est la raison pour laquelle les praticiens ajoutent d’autres médicaments sur l’ordonnance de leurs patients. Ceux-ci vont accroître l’efficacité de la lévodopa et/ou diminuer les effets secondaires ou autres symptômes.

Ainsi ces médicaments vont empêcher le corps du malade de métaboliser la lévodopa avant qu’elle ne pénètre à l’intérieur de son cerveau. Cette pratique évite certains effets secondaires de la dopamine comme les nausées, les vomissements ou l’hypotension artérielle qui se produit quand la personne passe de la position assise à debout (hypotension orthostatique)

En fin de compte, le principal problème reste la perte d’efficacité de la lévodopa au fil du temps. Le danger serait d’augmenter la dose pour combattre cet inconvénient. En effet, cette conduite peut accroître les effets secondaires qui deviendraient alors toxiques pour le malade.

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