Les crèmes de jour développent un composé cancérigène en vieillissant

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Les crèmes de jour développent un composé cancérigène en vieillissant
Ne gardez pas trop longtemps votre crème de jour. En vieillissant, elle libère un perturbateur endocrinien. © Adobe Stock

Un composé utilisé dans certains cosmétiques se transforme en benzophénone. C’est un perturbateur endocrinien qui peut passer à travers la peau. Il provoque dermatites et cancers. Le benzophénone se libère quand le cosmétique « vieillit ». A partir de quel moment la crème de jour devient potentiellement nocive ?

Vous gardez votre crème solaire d’une année à l’autre ?

Réutilisez-vous chaque année le tube de crème solaire ouvert l’été précédent ? Une habitude économe qui pourrait s’avérer nocive pour votre santé. C’est le constate d’une étude menée par le CNRS et Sorbonne Université. Une étude publiée lundi 8 mars dans la revue scientifique Chemical Research in Toxicology.

Risque de cancers

Les scientifiques pointent du doigt l’octocrylène. C’est un filtre utilisé dans de nombreux cosmétiques pour protéger du soleil. Or, ce filtre se transforme au fil du temps en benzophénone, un perturbateur endocrinien qui peut passer à travers la peau. «Cela peut provoquer des cancers, notamment des cancers du foie», souligne Didier Stien, co-auteur de l’étude. L’octocrylène est une molécule «qui affecte les fonctions thyroïdiennes et qui perturbent le développement des organes reproducteurs», précise-t-il  

A quel taux ce composé est-il nocif ?

Certains cosmétiques commercialisés dans les grandes surfaces ou en pharmacie affichent une concentration en benzophénone supérieure à 10 mg/kilo au bout d’une année. «À notre connaissance dans la littérature scientifique et de manière générale, personne [avant cette étude] n’avait démontré que l’octocrylène se dégradait en benzophénone», a expliqué Philippe Lebaron, professeur en microbiologie, au micro de France info. Les chercheurs du CNRS et de Sorbonne Université appellent les industriels à éliminer l’octocrylène de leurs cosmétiques.

Source : Chemical Research in Toxicology

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