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Trouble psychique du post partum

1. Définition

La mise au monde d’un enfant est un évènement physiologique pour une femme mais représente aussi de véritables épreuves physiques et psychiques.
Grossesse et post-partum sont des moments de remaniement et de fragilité́ psychique dans un certain continuum : la relation de la mère avec son bébéa près l’accouchement est plus ou moins en continuité avec celle de la grossesse, malgré la séparation de la naissance.

Les liens mère-bébé prennent racines dans une relation de proximité, de reconnaissance et de langage dans laquelle le corps de l’enfant et de sa mère, les capacités sensorielles et motrices du nouveau-né, l’état psychique et physique maternel jouent un rôle essentiel.   

Les pathologies de la grossesse et du post-partum représentent donc une gravité potentielle pour les premières relations mère-enfant et le développement psychique du bébé́.

Les troubles psychiatriques de la grossesse et du post-partum correspondent aux états psychopathologiques liés à la grossesse et à l’accouchement, le post- partum et l’allaitement. Ils concernent toutes les manifestations allant des états réactionnels ou névrotiques simples aux psychoses graves aiguës, confuso-oniriques, en passant par les états dépressifs.

L’accès à la maternité et la prise en compte du bébé donnent une spécificité particulière à la pathologie psychiatrique de la grossesse et du post-partum, en particulier aux symptômes d’anxiété et délirants.

Les soins concernent non seulement la mère et le nourrisson, mais de façon plus générale la triade père- mère-enfant et la famille. 

2. Épidémiologie

15% des femmes sont touchées par cette pathologie. La plupart du temps sans caractéristique psychotique (sans trouble mental grave qui provoquerait des troubles sévères tels que des pertes de contact avec la réalité).

Dans 50% des cas les malades sont non diagnostiqués.

3. La date de survenue

Dans l’année suivant l’accouchement, avec un risque augmenté entre 3 et 6 semaines. Il peut prolonger les symptômes du baby blues au-delà de 15 jours, ou survenir dans les suites d’un épisode dépressif caractérisé de la grossesse

4. Les signes du trouble psychique post-partum

L’épisode dépressif caractérisé sans caractéristique psychotiques et d’abord décrit ainsi :

  • – La patiente va décrire une humeur triste, avec un sentiment de découragement et incapacité concernant la fonction maternelle,
  • – Elle va ressentir une forte culpabilité avec minimisation des symptômes, voire dissimulation à son entourage,
  • – Il peut y avoir des plaintes physiques parfois au 1er plan: céphalées, douleur abdominale et une anxiété importante: phobies, craintes de faire mal au bébé. Lors de l’interrogatoire la patiente explique un évitement du contact avec celui-ci.
  • – L’insomnie sans fatigue, hyperréactivité émotionnelle interviennent également dans la clinique de la patiente.

On retrouve également des risques suicidaires chez la patiente ainsi qu’une possibilité d’infanticide. Lorsque cela arrive, le médecin doit évaluer l’impact sur les relations mère-enfant, le comportement et le développement de l’enfant.

Chez l’enfant, ces maux peuvent se déclarer par

  • – des troubles du comportement,
  • – un retard du développement psychomoteur,
  • – des troubles  psychophysiologique comme des troubles du sommeil ou alimentaires. 

5. Évolution

Cette pathologie peut entrainer une dépression de la patiente atteinte soit lors d’une nouvelle grossesse soit à distance de la périnatalité.
Cela peut également être le porte d’entrée à une nouvelle pathologie psychiatrique, notamment la bipolarité.

6. Traitement

La psychothérapie est le pilier du traitement selon 2 axes:

  • – thérapie individuelle pour la mère
  • – consultation thérapeutique mère-bébé pour améliorer la relation de la mère à son enfant.

Médicamenteux

  • – Les antidépresseurs :

La sérotonine (IRS) : sertraline (Zoloft.), citalopram (Seropram.) ou escitalopram (Seroplex.) 
On évitera la paroxétine (Deroxat.) pendant le 1er trimestre du fait du risque de malformations.

Pendant l’allaitement : certains antidépresseurs passent à de faibles taux dans le lait, et les concentrations sanguines chez les enfants allaités sont faibles ou indétectables : inhibiteur sélectif de recapture de la sérotonine (ISRS) : la paroxétine sera donc à privilégier après l’accouchement mais pas durant la grossesse.

  • – Les anxiolytiques

La prescription de benzodiazépines est à éviter si possible, mais si la situation clinique le nécessite alors les benzodiazépines tels que  l’Oxazépam (Seresta.) avec une possibilité de prescription en cas de d’allaitement.

  • – Électroconvulsivothérapie (ECT)

La grossesse est une indication privilégiée de l’ECT devant un épisode thymique (trouble de l’humeur) ou un épisode psychotique aigu dont l’intensité est sévère. Cependant, à partir de 24 SA, la poursuite d’une cure d’ECT nécessitera une surveillance obstétricale et échographique.

L’arrêt  de l’allaitement peut, durant un temps, faire partie du traitement car cela peut entrainer une souffrance chez la maman. Malgré le fait qu’il soit également délétère pour l’enfant. Il s’agit d’un arrêt temporaire.

On pourra hospitaliser la maman en cas de défaillance maternelle grave ou de danger immédiat pour l’enfant. Le contact avec le bébé sera réinstauré dès que possible, avec une médiation (accompagnement) par les soignants.

7. Facteurs de risques

A. Psychiatriques

  • – Les antécédents personnels et familiaux de troubles psychiatriques,
  • – Antécédents d’abus maltraitance pendant l’enfance de la maman,
  • – L’usage de substances en particulier l’alcoolisme chronique.

B. Gynéco-obstétrique

  • – Le jeune âge < 20 ans  mais aussi l’âge  >35 ans
  • – La primiparité
  • – La grossesse non désirée
  • – La découverte ou suspicion de malformation ou patho fœtale chez le bébé
  • – Les grossesses compliquées: diabète et hypertension artérielle.

C. Environnementaux

  • – Les mères célibataires,
  • – Les difficultés conjugales
  • -La précarité, le faible niveau d’éducation, l’isolement social

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