Bronchopneumopathie obstructive (BPCO)

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bronchopneumopathie obstructive personne agée

Définition

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est un maladie respiratoire chronique. Définie par l’existence d’une obstruction permanente et progressive des voies aériennes. C’est un trouble ventilatoire obstructif (TVO) non complètement réversible.
Elle est également souvent associée à une bronchite chronique. Sa définition est donc purement clinique :

  • Toux productive quotidienne ou quasi-quotidienne durant au moins 3 mois par an et au cours d’au moins 2 années consécutives.
  • Concerne la moitié des fumeurs environ.

Les Facteurs de Risques d’une Bronchopneumopathie obstructive

La bronchopneumopathie chronique obstructive touche environ 5 à 10% de la population. En effet, on recense plusieurs facteurs de risque :

  • Le tabac,
  • L’exposition professionnelle : peut être déclarée en maladie professionnelle,
  • Les fumées domestiques de combustion (cuisine au feu de bois),
  • Le tabagisme passif in utero et infections respiratoires de la petite enfance.

Plusieurs facteurs interviennent dans la gravité de la Bronchopneumopathie obstructive :

  • L’état nutritionnel,
  • Le degré d’obstruction des bronches,
  • La dyspnée (trouble respiratoire),
  • Les performances à l’exercice physique.

L’évolution de la Bronchopneumopathie obstructive est marquée par :

  • Le déclin accéléré de la fonction respiratoire,
  • Les exacerbations pouvant mettre en jeu le pronostic vital,
  • Le handicap respiratoire avec réduction des activités quotidiennes et altération de la qualité de vie,
  • L’évolution vers l‘insuffisance respiratoire chronique,
  • les maladies cardiovasculaires qui sont la 1ère cause de mortalité chez les BPCO.
bronchopneumopathie obstructive femme

Epidémiologies

La Bronchopneumopathie obstructive constitue un problème de santé publique majeur.
En France, on estime qu’elle concerne donc :

  • entre 5 et 10% de la population des plus de 45 ans
  • entre 2,5 et 3,5 millions de Français,
  • 1 million sont symptomatiques
  • 16 000 décès par an.

La clinique de la Bronchopneumopathie obstructive

La dyspnée (trouble respiratoire) est ainsi le maître symptôme.

  • Subjective et variable d’un patient à l’autre.
  • Doit être recherchée à l’interrogatoire chez tout fumeur.
  • Survient initialement à l’effort.
  • Sous-estimée par le patient et l’amène rarement à consulter avant un stade avancé de l’atteinte fonctionnelle.

Les signes physiques sont absents au début ou limités à des râles bronchiques à l’auscultation pulmonaire (reflets de l’hypersecrétion).
Plus tardivement, on peut noter un allongement du temps expiratoire avec parfois une expiration à lèvres pincée, une distension thoracique avec notamment un thorax en tonneau.

Encore plus tardivement et notamment lors des exacerbations de la maladie on peut mettre en évidence la mise en jeu des muscles respiratoires accessoires :

  • Inspiratoires (sterno-cléido-mastoïdiens notamment),
  • Expiratoires (expiration abdominale active).

Les examens complémentaires

Les Explorations fonctionnelles respiratoires :

  • La spirométrie : diagnostic de certitude qui aide au diagnostic différentiel avec un asthme. Elle évalue la sévérité, et participe ainsi aux choix thérapeutiques.
  • La radiographie pulmonaire ne permet pas de poser le diagnostic de Bronchopneumopathie obstructive, néanmoins elle peut nous donner des informations sur l’état des poumons du patient.
  • L’échographie cardiaque cherche chez les sujets hypoxémiques ou très dyspnéiques pour rechercher des signes évoquant une hypertension pulmonaire ou une insuffisance ventriculaire gauche
  • L’analyse de sang, appelée numération de la formule sanguine (NFS), recherche : une polyglobulie réactionnelle à l’hypoxémie, une anémie (co-morbidité fréquente et de mauvais pronostic) également susceptible d’aggraver la dyspnée.

Le bilan des co-morbidités sont des affections co-existantes avec la Bronchopneumopathie obstructive sans préjuger d’un lien causal.
Les principales comorbidités répertoriées sont :

bronchopneumopathie obstructive radiologie

Prise en Charge

En dehors du sevrage total et définitif du tabac, aucun traitement ne permet de modifier l’histoire naturelle de la maladie. Hormis l’oxygénothérapie qui réduit la mortalité en cas d’insuffisance respiratoire chronique sévère et le déclin. En effet, le principal objectif du traitement de la BPCO est l’amélioration de la qualité de vie par l’amélioration de la dyspnée.

Le sevrage tabagique : L’arrêt du tabagisme est la principale mesure susceptible d’interrompre la progression de l’obstruction bronchique et de retarder l’apparition de l’insuffisance respiratoire.
Le sevrage total et définitif est la base de la prise en charge, quel que soit le stade de la maladie.

Les bronchodilatateurs

Deux familles de bronchodilatateurs peuvent être utilisées : les anticholinergiques et les bêta-2-agonistes. L’utilisation de bronchodilatateurs peut sembler paradoxale face à une obstruction bronchique non complètement réversible.
Les broncho-dilatateurs de longue durée d’action (BDLA) sont efficaces sur les symptômes de la maladie et essentiellement sur la dyspnée. Ils ont aussi démontré leur efficacité dans la capacité d’exercice. Ainsi que la réduction du nombre d’exacerbations et l’amélioration de la qualité de vie.

Les traitements de courte durée d’action (bêta-2-agonistes seuls ou une combinaison bêta-2-agonistes & anticholinergique) sont à prendre « à la demande », dès lors que le patient ressent une gène respiratoire. Leur efficacité sera donc évaluée au cours du suivi.

Des formes à longue durée d’action sont disponibles pour les bêta-2-agonistes (salmétérol ou formotérol en 2 prises par jour, indacatérol en une prise par jour) et pour les anticholinergiques (tiotropium et glycopyrronium, une prise par jour).

Ces formes permettent donc un traitement moins contraignant et possiblement une meilleure observance.

Les anticholinergiques et bêta-2-agonistes ont une efficacité globalement équivalente sur la fonction respiratoire et la dyspnée dans la BPCO. Ils ont également un effet bronchodilatateur additif.

Pour la prévention des exacerbations, l’efficacité des anticholinergiques de longue durée d’action est plus grande que celle des bêta-2- agonistes de longue d’action.

Les Corticostéroïdes à la différence de l’asthme, la corticothérapie orale ou les corticostéroïdes inhalés en monothérapie ne restent pas indiquées dans le traitement de fond de la BPCO.
En revanche, chez certains malades la corticothérapie inhalée associée aux bêta-2- agonistes de longue durée d’action (association fixes). Cela permet ainsi une réduction des symptômes et du nombre d’exacerbations et améliore la qualité de vie.

Les vaccins

La vaccination grippale reste recommandée (annuelle) de même que la vaccination antipneumococcique. Dont l’efficacité a été démontrée chez le sujet de plus de 65 ans ou en cas de BPCO sévère.

En savoir plus :

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